Election communale à Mopti

25/04/2009 13:47 par neneny

  • Election communale à Mopti

    Election communale à Mopti

    25/04/2009 13:47 par neneny

Papa est candidat et nous sommes là pr le soutenir : Oumou, Dad, Djeneba et moi!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Hee Djaaaaaa

21/04/2009 17:44 par neneny

Trois hommes sont dans un ascenseur : un français, un japonais et un américain. Le japonais sort tout à coup un téléphone portable pour impressionner les deux autres. L'américain veut faire mieux et sort un ordinateur portable de la taille d'une calculette. Il frime bien avec. Le français voulant se faire remarquer aussi mais n'ayant rien, pète et dit au deux autres qui le regardent en rougissant :

"C'est rien, je reçois un fax !"

Be careful!!!

21/04/2009 17:40 par neneny

Pendant l'étude du soir, Toto n'arrête pas de se lécher la main pour s'humecter le front tout en apprenant ses leçons. L'observant depuis un moment, intrigué, le surveillant lui demande pourquoi il fait cela.
- J'apprend mes leçons M'sieur, lui répond le jeune garçon...
- Je vois bien, dit le surveillant, mais arrête donc de te barbouiller le front de salive !
- C'est pour mieux apprendre M'sieur ! Hier soir, j'ai entendu maman dire à papa que lorsqu'on mouillait la tête, ça rentrait mieux !

l'explication de la POLITIQUE

15/04/2009 09:32 par neneny

Un soir, devant la télé, un enfant demande à son papa: "Papa, explique-moi ce qu'est la politique"..
 
Réponse du papa: "C'est très simple, mon fils.. Je vais te donner un exemple. Prenons le cas de notre famille:
 
  • C'est moi le papa qui rapporte de l'argent; je suis le CAPITALISTE.
  • Ta maman gère cet argent; elle est donc le GOUVERNEMENT..
  • Ton grand-père qui vit avec nous dans la maison, lui, vérifie si tout se passe bien; il est donc le PARLEMENT.
  • La jeune fille que tu vois travailler dans la maison est notre bonne; elle, constitue la CLASSE OUVRIERE.
  • Tous, nous n'avons qu'un seul but: garantir ton bien-être; tu es donc le PEUPLE....
  • Ton petit-frère encore qui dort tranquillement dans le berceau, nous dirons qu'il est l'AVENIR."
L'enfant a très bien écouté!
 
La nuit tombe, chacun s'en va au lit. L'enfant dans le sommeil, entend son petit-frère pleurer dans le berceau. Il décide de se lever, et d'aller voir. En fait, le petit-frère a uriné dans son linge!
 
Que faire? se demande-t-il.
 
 Il va dans la chambre de ses parents, et s'aperçoit que la maman est seule au lit, et dort profondément.
 
Très inquiet, et ne voulant pas la reveiller, l'enfant va dans la chambre de la bonne, et curieusement, il trouve son papa en plein repos du guerrier, dans le lit de la jeune fille.
 
Bouleversé, l'enfant va voir le grand-père dans sa chambre, lequel se contente aisément de regarder par la fenêtre, la scène de la jeune fille et le papa.
 
Ayant eu peur et déçu en même temps, l'enfant va se recoucher et s'endort, laissant le petit-frère pleurer...
 
Le lendemain, le papa demande fièrement à l'enfant: "Alors mon fils, as-tu réfléchi et compris ce qu'est la politique?"
 
L'enfant répond:
 
 "Oui papa, ta définition était trop claire: le Capitalisme profite de la Classe ouvrière, pendant que le Gouvernement dort, et le Parlement regarde sans rien dire. On s'en fout de ce que pense le Peuple, et l'Avenir est dans la merde.

MUSSET : ON NE BADINE PAS AVEC L'AMOUR

02/04/2009 12:50 par neneny

Thème
Au terme de ses études, Perdican rentre au château paternel accompagné de son gouverneur Maître Blazius. Le même jour, escortée de Dame Pluche, arrive aussi sa cousine Camille qui sort du couvent. C'est le Baron, père de Perdican qui a combiné cette rencontre : il veut marier ces enfants qui "s'aimaient" d'ailleurs fort tendrement dès le berceau. La première entrevue est plutôt décevante : Camille, très réservée, refuse d'embrasser son cousin. Elle a entendu dire tellement de mal des hommes qu'elle a peur de l'amour et préfère revenir au couvent. Cette résistance va rendre Perdican amoureux de sa cousine. De dépit, il descend au village et fait la cour à la naïve paysanne Rosette, sœur de lait de Camille.

Résumé
Acte I deux amis d'enfance se retrouvent
.
Un chœur alterné de paysans accueille avec ironie le bedonnant précepteur Blazius et l'osseuse dame Pluche, qui annonce la prochaine arrivée au château de Perdican, fils du baron, et de Camille, sa nièce. Le baron révèle à Blazius et à Bridaine le curé du village, son projet de marier les jeunes gens. Mais dès leur première rencontre, un désaccord apparaît entre eux ; et un peu plus tard Camille reste insensible lorsque son cousin évoque pour elle leur communs souvenirs d'enfance. Dépité, Perdican emmène souper au château la jeune paysanne Rosette, sœur de lait de Camille ; et le baron est stupéfait en apprenant que son fils fait la cour avec l'une de ses vassales.
Acte II Ils badinent avec l'amour
Camille annonce à Perdican son prochain départ ; mais elle charge dame Pluche de lui faire parvenir un billet pour le convier à un rendez-vous. Perdican continue son jeu avec Rosette ; toutefois, il se rend à l'invitation de sa cousine. Camille lui révèle qu'une amie de couvent l'a éclairée sur l'égoïsme des hommes et l'a décidée à renoncer au monde. Perdican réplique en attaquant l'éducation des couvents et exalte la passion qui transfigure les êtres.
Acte III Une mort tragique les sépare à jamais
Perdican intercepte une lettre que Camille adresse à son amie religieuse et il constate que la jeune fille se flatte de l'avoir désespéré. Piqué au vif, il s'efforce de la rendre jalouse et Camille entend les paroles d'amours qu'il adresse à Rosette. Elle fait venir son cousin et cache la petite paysanne derrière un rideau. Perdican finit par avouer à sa cousine qu'il l'aime et rosette s'évanouit. Devant les reproches de Camille il finit par épouser rosette. Camille souffre prise à son propre piège. Enfin les deux jeunes gens se laissent aller à leur passion et tombent dans les bras l'un de l'autre. Mais ils ne se doutent pas que Rosette assiste à la scène. Tout à coup il la découvre morte par l'émotion.

Notre Dame de Paris V.Hugo

02/04/2009 12:47 par neneny

Thème
Dès 1828 Hugo en avait conçu l'ouvrage et se rend plusieurs fois à la cathédrale. Il ressuscite le Paris d'autrefois avec sa cathédrale. Notre-Dame de Paris retrace la destinée tragique au Moyen Âge d'une jeune bohémienne, Esméralda, victime du désir qu'elle inspire à trois hommes. Convoitée par l'archidiacre Frollo, elle est enlevée sur son ordre par le sonneur de cloches difforme de Notre-Dame, Quasimodo, puis est sauvée par le beau capitaine Phoebus dont elle s'éprend. Mais Frollo, jaloux, poignarde Phoebus, et n'intervient pas lorsque Esméralda est accusée de ce meurtre. Elle est emprisonnée, puis délivrée, cette fois, par Quasimodo, épris d'elle, qui l'entraîne au sein de l'inviolable cathédrale. Les truands de la cour des Miracles, inquiets de sa disparition, assaillent l'édifice, et livrent, sans s'en douter, Esméralda à son pire ennemi, Frollo. Arrêtée, la jeune fille sera pendue sous l'oeil cynique de ce dernier. Quasimodo, enfin édifié sur son «bienfaiteur» Frollo, le précipite du haut des tours de Notre-Dame, et se laisse ensuite mourir dans les bras d'Esméralda dans le charnier où elle repose.

Résumé
La fête des fous (livre I et II). 6 janvier 1482, jour de fête des fous. Dans la grande salle du palais de justice, on représente un mystère du poète Gringoire ; sur le parvis dans e la bohémienne Esméralda. Le sonneur de Notre dame, le hideux Quasimodo essaie de l'enlever sur l'ordre de l'archidiacre Claude Frollo, mais elle est sauvée par le beau capitaine Phoebus de Chateaupers. Gringoire s'est égaré dans la cour des miracles ; le roi des truands le met en jugement mais il est sauvé par la Esméralda qui, pitoyable, consent à l'épouser.
Notre dame et ses deux hôtes (livres II à VI). Voici Notre Dame, chef d'œuvre gothique déchu de son ancienne grandeur, et, vu du haut des tours, le paris d'autrefois. Quasimodo vit là, au milieu des cloches ; et son cœur s'éveille à l'amour lorsque, condamné au pilori pour avoir attaqué la Esméralda, il reçoit à boire des mains de la jeune fille. Quant à l'inquiétant Frollo, il est dévoré de passion pour elle.
L'aventure de la Esméralda (livre VII). La Esméralda aime Phoebus : au cours d'un rendez-vous avec elle, le jeune capitaine est poignardé par Frollo, qui laisse accuser la Esméralda
L'héroïsme de Quasimodo (livres VIII à X). La Esméralda, condamnée pour meurtre et pour magie, va faire amende honorable devant le grand portail de Notre-dame ; mais Quasimodo l'entraîne dans l'église, asile inviolable. Inquiets de ne pas la voir revenir, les truands attaquent la cathédrale, mais ils sont mis en déroute.
La vengeance et le châtiment de Frollo (livre XI). Frollo s'et emparé de la Esméralda ; repoussé, il la livre à une vieille recluse qui reconnaît en elle son enfant d'autrefois perdue et tente de la cacher ; mais la bohémienne est reprise. Frollo, du haut des tours, sourit affreusement en la voyant pendue. Quasimodo le précipite dans le vide et va mourir dans le charnier de Montfaucon en éteignant le cadavre de celle qu'il aimait

Le vallon

02/04/2009 12:44 par neneny

Mon coeur, lassé de tout, même de l'espérance,
N'ira plus de ses voeux importuner le sort ;
Prêtez-moi seulement, vallon de mon enfance,
Un asile d'un jour pour attendre la mort.

Voici l'étroit sentier de l'obscure vallée :
Du flanc de ces coteaux pendent des bois épais,
Qui, courbant sur mon front leur ombre entremêlée,
Me couvrent tout entier de silence et de paix.

Là, deux ruisseaux cachés sous des ponts de verdure
Tracent en serpentant les contours du vallon :
Ils mêlent un moment leur onde et leur murmure,
Et non loin de leur source ils se perdent sansnom.

La source de mes jours comme eux s'est écoulée :
Elle a passé sans bruit, sans nom et sans retour ;
Mais leur onde est limpide, et mon âme troublée
N'aura pas réfléchi les clartés d'un beau jour.

La fraîcheur de leurs lits, l'ombre qui les couronne, M'enchaînent tout le jour sur les bords des ruisseaux. Comme un enfant bercé par un chant monotone,
Mon âme s'assoupit au murmure des eaux.

Ah c'est là qu'entouré d'un rempart de verdure,
D'un horizon borné qui suffit à mes yeux,
J'aime à fixer mes pas, et, seul dans la nature,
A n'entendre que l'onde, à ne voir que les cieux.

J'ai trop vu, trop senti, trop aimé dans ma vie ;
Je viens chercher vivant le calme du Léthé.
Beaux lieux, soyez pour moi ces bords où l'on oublie :
L'oubli seul désormais est ma félicité.

Mon coeur est en repos, mon âme est en silence ;
Le bruit lointain du monde expire en arrivant,
Comme un son éloigné qu'affaiblit la distance,
A l'oreille incertaine apporté par le vent.

D'ici je vois la vie, à travers un nuage,
S'évanouir pour moi dans l'ombre du passé ;
L'amour seul est resté, comme une grande image
Survit seule au réveil dans un songe effacé.

Repose-toi, mon âme, en ce dernier asile,
Ainsi qu'un voyageur qui, le coeur plein d'espoir,
S'assied, avant d'entrer, aux portes de la ville,
Et respire un moment l'air embaumé du soir.

Comme lui, de nos pieds secouons la poussière ;
L'homme par ce chemin ne repasse jamais ;
Comme lui, respirons au bout de la carrière
Ce calme avant-coureur de l'éternelle paix.

Tes jours, sombres et courts comme les jours d'automne,
Déclinent comme l'ombre au penchant des coteaux ;
L'amitié te trahit, la pitié t'abandonne,
Et seule, tu descends le sentier des tombeaux.

Mais la nature est là qui t'invite et qui t'aime ;
Plonge-toi dans son sein qu'elle t'ouvre toujours :
Quand tout change pour toi, la nature est la même,
Et le même soleil se lève sur tes jours.

De lumière et d'ombrage elle t'entoure encore : Détache ton amour des faux biens que tu perds ; Adore ici l'écho qu'adorait Pythagore,
Prête avec lui l'oreille aux célestes concerts.

Suis le jour dans le ciel, suis l'ombre sur la terre :
Dans les plaines de l'air vole avec l'aquilon ;
Avec le doux rayon de l'astre du mystère,
Glisse à travers les bois dans l'ombre du vallon.

Dieu, pour le concevoir, a fait l'intelligence :
Sous la nature enfin découvre son auteur !
Une voix à l'esprit parle dans son silence :
Qui n'a pas entendu cette voix dans son coeur ?

L'automne

02/04/2009 12:43 par neneny

Salut, bois couronnés d'un reste de verdure,
Feuillages jaunissants sur les gazons épars !
Salut, derniers beaux jours ! le deuil de la nature
Convient à la douleur et plaît à mes regards.

Je suis d'un pas rêveur le sentier solitaire ;
J'aime à revoir encor, pour la dernière fois,
Ce soleil pâlissant, dont la faible lumière
Perce à peine à mes pieds l'obscurité des bois.

Oui, dans ces jours d'automne où la nature expire,
A ses regards voilés je trouve plus d'attraits ;
C'est l'adieu d'un ami, c'est le dernier sourire
Des lèvres que la mort va fermer pour jamais.

Ainsi, prêt à quitter l'horizon de la vie,
Pleurant de mes longs jours l'espoir évanoui,
Je me retourne encore, et d'un regard d'envie
Je contemple ses biens dont je n'ai pas joui.

Terre, soleil, vallons, belle et douce nature,
Je vous dois une larme aux bords de mon tombeau ;
L'air est si parfumé ! la lumière est si pure !
Aux regards d'un mourant le soleil est si beau
!

Je voudrais maintenant vider jusqu'à la lie
Ce calice mêlé de nectar et de fiel :
Au fond de cette coupe où je buvais la vie,
Peut-être restait-il une goutte de miel !

Peut-être l'avenir me gardait-il encore
Un retour de bonheur dont l'espoir est perdu
Peut-être, dans la foule, une âme que j'ignore
Aurait compris mon âme, et m'aurait répondu

La fleur tombe en livrant ses parfums au zéphire ;
A la vie, au soleil, ce sont là ses adieux :
Moi, je meurs ; et mon âme, au moment qu'elle expire,
S'exhale comme un son triste et mélodieux.

L'isolement

02/04/2009 12:42 par neneny

Souvent sur la montagne, à l'ombre du vieux chène,
Au coucher du soleil, tristement je m'assieds;
Je promène au hasard mes regards sur la plaine,
Dont le tableau changeant se déroule à mes pieds.

Ici gronde le fleuve aux vagues écumantes ;
Il serpente, et s'enfonce en un lointain obscur ;
Là le lac immobile 3 étend ses eaux dormantes
Où l'étoile du soir se lève dans l'azur.

Au sommet de ces monts couronnés de bois sombres,
Le crépuscule encor jette un dernier rayon ;
Et le char vaporeux de la reine des ombres
Monte, et blanchit déjà les bords de l'horizon.

Cependant, s'élançant de la flèche gothique,
Un son religieux se répand dans les airs :
Le voyageur s'arrête, et la cloche rustique
Aux derniers bruits du jour mêle de saints concerts.

Mais à ces doux tableaux mon âme indifférente N'éprouve devant eux ni charme ni transports ;
Je contemple la terre ainsi qu'une ombre errante :
Le soleil des vivants n'échauffe plus les morts.

De colline en colline en vain portant ma vue,
Du sud à l'aquilon, de l'aurore au couchant,
Je parcours tous les points de l'immense étendue,
Et je dis : « Nulle part le bonheur ne m'attend. »

Que me font ces vallons, ces palais, ces chaumières, Vains objets dont pour moi le charme est envolé
Fleuves, rochers, forêts, solitudes si chères,
Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé

Que le tour du soleil ou commence ou s'achève,
D'un oeil indifférent je le suis dans son cours ;
En un ciel sombre ou pur qu'il se couche ou se lève,
Qu'importe le soleil ? je n'attends rien des jours.

Quand je pourrais le suivre en sa vaste carrière,
Mes yeux verraient partout le vide et les déserts :
Je ne désire rien de tout ce qu'il éclaire ;
Je ne demande rien à l'immense univers.

Mais peut-être au-delà des bornes de sa sphère,
Lieux où le vrai soleil éclaire d'autres cieux,
Si je pouvais laisser ma dépouille à la terre,
Ce que j'ai tant rêvé, paraîtrait à mes yeux !
Là, je m'enivrerais à la source où j'aspire ;
Là, je retrouverais et l'espoir et l'amour,
Et ce bien idéal que toute âme désire,
Et qui n'a pas de nom au terrestre séjour !

Que ne puis-je, porté sur le char de l'Aurore,
Vague objet de mes voeux, m'élancer jusqu'à toi !
Sur la terre d'exil pourquoi resté-je encore ?
Il n'est rien de commun entre la terre et moi.

Quand la feuille des bois tombe dans la prairie,
Le vent du soir s'élève et l'arrache aux vallons ;
Et moi, je suis semblable à la feuille flétrie :
Emportez-moi comme elle, orageux aquilons

Le lac

02/04/2009 12:41 par neneny

Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,
Dans la nuit éternelle emportés sans retour,
Ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges
Jeter l'ancre un seul jour ?
 
Ô lac ! l'année à peine a fini sa carrière,
Et près des flots chéris qu'elle devait revoir,
Regarde ! je viens seul m'asseoir sur cette pierre
Où tu la vis s'asseoir !
 
Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes ;
Ainsi tu te brisais sur leurs flancs déchirés ;
Ainsi le vent jetait l'écume de tes ondes
Sur ses pieds adorés.
 
Un soir, t'en souvient-il ? nous voguions en silence ;
On n'entendait au loin, sur l'onde et sous les cieux,
Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence
Tes flots harmonieux.
 
Tout à coup des accents inconnus à la terre
Du rivage charmé frappèrent les échos,
Le flot fut attentif, et la voix qui m'est chère
Laissa tomber ces mots :
 
« Ô temps, suspends ton vol ! et vous, heures propices,
Suspendez votre cours !
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours !
 
« Assez de malheureux ici-bas vous implorent ;
Coulez, coulez pour eux ;
Prenez avec leurs jours les soins qui les dévorent ;
Oubliez les heureux.
 
« Mais je demande en vain quelques moments encore,
Le temps m'échappe et fuit ;
Je dis à cette nuit : « Sois plus lente » ; et l'aurore
Va dissiper la nuit.
 

« Aimons donc, aimons donc ! de l'heure fugitive,
Hâtons-nous, jouissons !
L'homme n'a point de port, le temps n'a point de rive ;
Il coule, et nous passons ! »
 
Temps jaloux, se peut-il que ces moments d'ivresse,
Où l'amour à longs flots nous verse le bonheur,
S'envolent loin de nous de la même vitesse
Que les jours de malheur ?
 
Hé quoi ! n'en pourrons-nous fixer au moins la trace ?
Quoi ! passés pour jamais ? quoi ! tout entiers perdus ?
Ce temps qui les donna, ce temps qui les efface
Ne nous les rendra plus ?
 
Éternité, néant, passé, sombres abîmes,
Que faites-vous des jours que vous engloutissez ?
Parlez : nous rendrez vous ces extases sublimes
Que vous nous ravissez ?
 
Ô lac ! rochers muets ! grottes ! forêt obscure !
Vous que le temps épargne ou qu'il peut rajeunir,
Gardez de cette nuit, gardez, belle nature,
Au moins le souvenir !
 
Qu'il soit dans ton repos, qu'il soit dans tes orages,
Beau lac, et dans l'aspect de tes riants coteaux,
Et dans ces noirs sapins, et dans ces rocs sauvages
Qui pendent sur tes eaux !
 
Qu'il soit dans le zéphyr qui frémit et qui passe,
Dans les bruits de tes bords par tes bords répétés,
Dans l'astre au front d'argent qui blanchit ta surface
De ses molles clartés !
 
Que le vent qui gémit, le roseau qui soupire,
Que les parfums légers de ton air embaumé,
Que tout ce qu'on entend, l'on voit et l'on respire,
Tout dise : « Ils ont aimé ! »